Ailleurs dans le monde
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| Ubu roi, de Jarry |
Si ce type de théâtre étatisé est inconnu en Amérique et dans le reste de lEurope, il nen demeure pas moins que là aussi on est très actif. Ce sont dabord des auteurs qui préfèrent les marionnettes aux acteurs car ils les croient seules capables de briser les conventions du théâtre et donc den assurer le renouveau. Cette idée nest pas nouvelle, on la retrouve implicitement chez ce grand écrivain allemand méconnu Heinrich von Kleist. Ce sont cependant des auteurs du XXe siècle qui vont lactualiser. On pense ici à Jarry qui veut faire jouer Ubu roi par des acteurs en bois quil préfère à ceux de chair. On peut aussi penser au symboliste Maeterlinck qui écrit plusieurs drames spécifiquement pour les marionnettes. Dès 1907, Craig dit que, pour que le théâtre se renouvelle, il faut que lacteur disparaisse et ne voit pour cela quune solution: une surmarionnette.
Les Futuristes italiens et russes veulent sen servir pour changer radicalement lart de la scène. Depero réalise en avril 1918, sur la scène du Teatro dei Piccoli de Rome un spectacle intitulé Les Ballets plastiques. En cinq tableaux sur des musiques de Casella, de Malipiero et de plusieurs autres compositeurs, il réussit à transformer la scène en machine où il ny a plus de place pour les schémas narratifs de laction. Il construit ses marionnettes au goût des futuristes, cest-à-dire quelles constituent un agencement de formes géométriques. Dautres Italiens (Prampolini, Bragaglia) et le Russe Meyerhold suivent dans cette même voie.
Les Dadaïstes comme Arp et les gens du Bauhaus comme Schlemmer recherchent dans une voie analogue un théâtre abstrait où lhumain na plus vraiment sa place. Dautres encore comme Pierre Albert-Birot cherchent moins à détruire quà reconstruire. Il veut intégrer tous les arts de la scène en un. Il rêve de scène éclatée et dacteurs entièrement disponibles. Cest, en partie, dans les marionnettes quil trouve ce quil cherche. Il écrit de nombreuses pièces pour celles-ci, à laube de sa carrière. Citons pour mémoire Matoum et Tévibar (1918), Matoum en Matoumoisie, Le Petit Poucet, Les femmes pliantes.
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| Le Souffle, de Philippe Genty |
Dautres auteurs plus connus écrivent pour la marionnette comme, par exemple, Paul Claudel qui la décrit ainsi: " La marionnette est une parole qui agit " (LOurs et la lune, 1917). Il y eut aussi Frederico Garcia Lorca et son El Retablillo de Don Cristobal (1931). Citons aussi, au passage, Goll (Mathusalem, 1919) et Ghelderode (Le ménage de Caroline, 1920). Ce foisonnement de formes et de techniques qui marque la première moitié du siècle ne sarrêtera plus.
Cela est si vrai quil est très difficile de choisir parmi les nombreux théâtres ceux qui sont les plus représentatifs de la seconde moitié du vingtième siècle.


