Saint-Pétersbourg aquatique
Saint-Pétersbourg est devenue Petrograd et ensuite Leningrad. Fondée par Pierre Legrand en 1703, cette ville, traversée de canaux, porte à juste titre le nom de Venise d'U.R.S.S. Après quelques jours de pérégrinations dans les théâtres de marionnettes de cette ville, nous a été réservée une surprise peu commune. Ce soir d'octobre donc, nous nous rendions sur une île de Leningrad pour assister à un drame psychologique du théâtre Marionnettes, nom tout simple certes, mais qui veut tout dire. Parvenus sur l'île parsemée de feuilles d'automne mouillées, nous gravissons trois étages dans un édifice du siècle dernier entouré d'arbres géants et de brume. La salle est petite, toute drapée de rideaux diaphanes, et nous assistons à un spectacle « Le fou et le roi ». J'avoue avoir eu un peu de peine à m'habituer au style aride, dépouillé qui a tout de même réussi à m'émouvoir et à me convaincre. Ensuite, nous nous sommes rendus dans la salle de répétition où était montée, oh! merveille! une immense table toute blanche, garnie de fruits, de salades, le tout parsemé de bouteilles de vodka Moskovskaya. Tous les gens du théâtre, plus ou moins 25 membres et leurs enfants, nous ont offert leurs plats délicieux, leur amitié, leurs chansons et leur amour du théâtre. Ce fut une fête mémorable, empreinte de simplicité et de joie.
Accueil chaud
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| Les personnages de la future production du théâtre « Contes de Fées » de Leningrad, présentés ici par l'artiste qui les a créés |
J'avoue avoir été grandement touché par la qualité de l'accueil que nous réservaient nos hôtes. Quel respect, quelle gentillesse, quelle affabilité d'un théâtre à l'autre; toujours des gens empressés de nous faire visiter, nous expliquer, nous dévoiler les secrets de leurs coulisses. Les invitations fusaient, les toasts à l'amitié furent si fréquents que j'ai dû cesser de les compter. J'avais l'impression de fêter nos retrouvailles comme si, depuis que les rideaux tombent et que les canons seront peut-être démantelés, il nous était enfin permis d'échanger, de fraterniser et de rire avec ces cousins du Nord qui savent bien de quoi nous voulons parler quand nous prononçons le mot « hiver ». Je suis revenu au Québec les bras chargés d'affiches, de photos, de documents et le coeur chargé d'émotion.
L'ouverture sur le monde
Plus que jamais les théâtres de marionnettes soviétiques jouent partout à travers le monde et ce rayonnement international constitue maintenant, pour eux, une priorité. Varna en Bulgarie, Pécs en Hongrie, Charleville-Mézières en France, Mistelback en Autriche, Lugano en Suisse, Bielsko-Biala en Pologne, Bohum en Allemagne de l'Ouest et Jonquière au Québec furent quelques-unes des villes hôtes de ces troupes. Tous les groupes de marionnettistes rencontrés ont un désir immense de se faire connaître à l'étranger sous forme d'échange. Ainsi, toute compagnie de marionnettes québécoise pourrait éventuellement aller jouer en U.R.S.S. à condition, naturellement, de permettre à leur hôte de venir jouer au Québec. Unima U.R.S.S. se charge de mettre les troupes en contact. Les théâtres de marionnettes d'Union soviétique bénéficient de structures d'accueil élaborées et de tout un réseau de salles dans tous les coins du pays recevant des troupes en tournée. Elles ont aussi les personnes ressources pouvant organiser et planifier de telles tournées.

